Maire, paysagiste, entrepreneur : être au service du vivant avec Olivier Bedouelle

3–5 minutes

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Dans ce 25e épisode de Daily Green, nous avons le plaisir d’accueillir Olivier Bedouelle, paysagiste, chef d’entreprise et maire de Saint-Lambert-des-Bois. Depuis près de 40 ans, il fait pousser des plantes dans les bureaux, dans les jardins privés.

Olivier se définit comme « accélérateur de biodiversité » : pour lui, il ne suffit plus de protéger le vivant, il faut créer les conditions pour qu’il se développe, et vite.

Avec Olivier, nous avons parlé de :

  • Comment on passe de « mauvais élève » à patron d’une entreprise de 80 personnes
  • La façon dont son entreprise a basculé vers un modèle très engagé (compost, moutons, matériel électrique etc.) sans perdre de vue la performance économique
  • Le rôle d’un maire de petite commune dans un parc naturel régional, entre bon sens, règlements et gestion des déchets verts
  • La transmission de son entreprise à son fils et ce que le vivant lui apprend : « le vivant calcule moins que nous, nous on calcule tout »

On parle de sa triple casquette : chef d’entreprise, élu local et jardinier du vivant, toujours les mains dans la terre, en ville comme à la campagne. Il résume bien son plaisir de ce métier en racontant ses années d’école de paysage : « c’est là où franchement j’ai pris mon pied, peut‑être parce que j’avais les bons profs et que je découvrais vraiment le végétal ».

De “mauvais élève” à dirigeant d’une boîte de 80 personnes et maire d’une petite commune forestière, Olivier raconte comment le végétal lui a ouvert un chemin de liberté, de responsabilité et d’engagement concret.

Pour lui, gérer une commune, « c’est un peu gérer une entreprise : on a un budget, on dépense ou pas, on prend des décisions ». Cependant, il le rappelle, ce sont des habitants qui ne sont pas toujours d’accord et certains le font savoir beaucoup plus que d’autres.

Accélérer la biodiversité, pas seulement la conserver !

Olivier ne veut pas seulement “protéger” le vivant, il veut l’accélérer. Il le dit clairement : « On pense qu’on n’est pas dans la conservation, il ne faut pas conserver, il faut développer, il faut que ce soit plus fort et plus vite si on veut vraiment changer les choses ».

Arrêt des produits phytosanitaires, binettes à la place des granulés, compostage intégral des déchets verts, troupeau de moutons en écopâturage, véhicules et matériel électriques, récupération d’eau de pluie : son entreprise devient un véritable laboratoire.

Son siège, sur 10 hectares en vallée de Chevreuse, fait office de démonstrateur : serre, vivaces produites sur place, panneaux photovoltaïques, chaudière bois, bornes de recharge.

Il explique avoir « fait des paris » sur ce site, avant d’ajouter : « Pour l’instant, je ne regrette aucun pari ». Une manière très concrète de montrer qu’écologie, performance économique et bon sens peuvent aller ensemble, loin du greenwashing.

Et surtout, il insiste sur le fait que ces choix ne sont pas un luxe :

Un déchet vert mal géré dans l’entreprise coûte pas loin de 10% du chiffre d’affaires.

Le vivant calcule moins que nous » : liberté, transmission

On parle aussi des coulisses : la lourdeur administrative qui freine le compostage local des déchets verts, les batailles pour gérer l’eau, le regard d’un maire de village sur la transformation de Paris, devenue plus respirable et cyclable.

À propos des règles, il lâche cette phrase qui résume bien son agacement : « en fait, ce n’est pas du bon sens, il y a énormément de règles qui font que pour faire bouger les choses, il faut un temps incroyable ».

Mais surtout, Olivier partage ce que la nature lui apprend : la forêt comme refuge quotidien et la mer comme horizon. Il formule une intuition très forte : « J’ai l’impression que le vivant, il calcule moins, nous on calcule tout… ». C’est cette franchise du vivant qu’il essaie d’injecter dans son entreprise, sa commune et ses décisions d’élu.

À travers la transmission de son entreprise Sauvaje à son fils, il questionne ce que signifie entreprendre aujourd’hui : « je suis en train de transmettre mon entreprise à mon fils et ça, je trouve que c’est incroyable, c’est une très belle chose qui peut m’arriver ».

Et il résume sa vision de la liberté d’entreprendre en une phrase : « la liberté, c’est le matin j’ai une idée, le midi elle est validée et le soir elle est mise en place ».


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On a parlé de :

Michel Maruca : spécialiste du vivant qui a fortement influencé Olivier et ses équipes.

Hubert Honoré : palefrenier devenu chef d’exploitation de chevaux, figure inspirante pour l’esprit d’entreprise d’Olivier

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